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c'est quoi un JDR post-apocalyptique

C’est quoi un JDR post-apo ?

C’est vrai ça ! C’est quoi un JDR post-apo 🎲 concrètement ? D’ailleurs, on dira rarement “post-apocalyptique”, sauf si vraiment vous avez un interlocuteur qui n’y connaît strictement rien en thématique d’anticipation. On parlera plutôt de “JDR post-apo”. Le POST-APO de manière générale. Mais avant de décrire un genre, il faut déjà en connaître l’activité, le loisir sur table et papier ! Donc pour comprendre toutes les subtilités d’un article sur le JDR post-apo, il faut au préalable connaître un minimum le principe de JDR ou jeu de rôles. Une expérience en JDR en ligne ou via JDR virtuel, ça compte. Mais ça ne compte quand même que pour un !

 

C’est quoi un jeu de rôles ?

Un jeu de rôle est une technique ou activité, par laquelle une personne – le rôliste – interprète le rôle d’un personnage (réel ou imaginaire) dans un environnement fictif. Le participant agit à travers ce rôle par des actions physiques, par des actions narratives (dialogues improvisés, descriptions) ou par des prises de décision sur le développement du personnage.

Merci Wikipédia

 

Le post-apo en JDR, c’est comme le cinéma (Mad Max, Les Fils de l’Homme, La Planète des Singes, Waterworld et sa suite), la bande dessinée (The Walking Dead, Mother Sarah, Gunnm) ou la littérature (I Am Legend, Niourk, La Route) : c’est un sous-genre de la science-fiction et de l’anticipation. On frôle parfois le dystopique. Ca met en exergue une civilisation, souvent proche de la nôtre, victime d’un cataclysme, un fléau, une épidémie, d’un enchaînement de facteurs catastrophiques qui l’ont conduit à sa chute, son chaos. Les motifs sont légions et il y a suffisamment d’œuvres et de jeux pour illustrer une pléthore de postulats de départ. Mes préférés restent tout de même ceux où le fantastique a une toute petite place en comparaison à la débrouillardise des survivants et à leur volonté à se restructurer en micro-sociétés communautaires. Le genre post-apo est censé mettre en avant une humanité plus bestiale, plus violente, et paradoxalement moins humaine. La survie n’est pas à la portée des plus forts mais à celles et ceux qui exploitent au mieux les ressources à disposition ; ceci sous-entend tout aussi bien le vol, le meurtre, la corruption, la manipulation, etc. A partir de là, comme dans tout JDR post-apocalyptique qui se respecte, on incarne des individus, des protagonistes, qui bien gré mal gré, tentent de rester en vie. Les menaces exposées ne sont pas toujours les pires en comparaison à une humanité déchue qui évolue dans des cités en ruines, spectres d’une société disparue. Plusieurs jeux sont sortis ces derniers temps comme le JDR Vermine ou Metro 2033. Et d’autres sont devenus des références au fil du temps, un peu comme le JDR post-apo Degenesis, Apocalypse World, Mutant Year Zero et Z-Corps. D’autres encore proviennent d’adaptation de médias différents mais qui ont tout autant leur place parmi les éditions officielles. Je pense notamment au JDR Fallout ou au très récent Stalker de la Loutre Roliste (un JDR Stalker en pdf et en VF rien que pour vous). Et enfin, les Grands anciens comme Bitume JDR ou Cendres JDR.

 

fallout jdr post apo vermine 2047

 

Le JDR fantastique assumé : Vermine ou Fallout

Le premier est une vision pessimiste et écologique de notre réalité, à la limite de l’horreur. Le second est une dystopie des années 50 extrapolant une technologie de pointe. Mais Vermine et Fallout ont des codes post-apocalyptiques de fin du monde très marqués tout en étant également classiques. Un peu comme des caricatures des pires événements vécus ces derniers temps, Vermine 2047 transforme notre monde en une entité presque vivante qui va considérer petit à petit l’être humain comme un parasite. Pour s’en débarrasser, la planète Terre va créer comme des anticorps sous la forme de maladies, virus, prolifération d’insectes et dotation de venins aux plantes. Le monde bascule alors dans la peur des germes et des symptômes, allant jusqu’à considérer les insectes comme de nouveaux prédateurs qui sont susceptibles de traquer l’humain. Ces insectes ont muté, grossi et sont dotés d’atouts bien plus incisifs qu’auparavant. De même que la dimension chamanique prend une ampleur considérable ; des individus sont alors considérés comme des prophètes et des intermédiaires avec les fameux Totems, sortes d’influences qui peut avoir un impact sur un environnement comme un être vivant, humain ou animal. Le fantastique fait également partie intégrante de la rumeur ; des bribes d’informations que tout individu peut avoir à raconter en y intégrant ses propres détails. De fil en aiguille, l’information de base est modifiée, amplifiée, jusqu’à se contredire presque. Pour devenir une histoire qui n’a quasi plus aucun sens logique mais qui garde une part de vérité effrayante si tant est si bien qu’elle est vraie.

A l’inverse Fallout, à l’origine un jeu de rôle post apo RPG PC, explore notre passé avec une dystopie des conséquences d’une guerre nucléaire qui implose. A partir de là, les rescapés sont soit des survivants de la surface ou des habitants des abris souterrains, sortes de bunkers quasi impénétrables qui se révèleront plus tard comme des cages à cobayes pour des expériences douteuses. L’univers post-apo de Fallout est une extrapolation de ce qui se faisait de mieux et de pire durant les années 50 avec son lot de technologie loufoque et l’aberration des publicités machistes. Le jeu se passe plus de 100 ans après les années 50 fictives et nous ramène alors à une situation où les personnages doivent survivre à la surface. Le fantastique va se manifester au niveau de ce nouvel environnement à la surface : une terre désolée, épuisée, imbibée de radiations et tragiquement stérile. Là aussi, la faune a évolué à cause de la radioactivité, devenant plus violente, agressive et difforme. Ceci s’applique également à quelques humains qui, ayant survécu aux radiations, vont devenir une espèce malgré elle : les goules. Avec les goules s’ajoutent les mutants, sortes de culturistes abominables résultats d’expériences scientifiques. Fallout a un côté old school dans sa construction de par l’influence des jeux de rôles à l’ancienne où il y avait des classes et des races. Notamment en puisant dans Donjons & Dragons avec ses Elfes et ses Nains, Fallout se voulait une projection futuriste de ce qui se faisait sur table avant les années 2000. Ce qui est drôle, c’est qu’avant d’être un JDR, Fallout était un jeu vidéo qui, déjà, prenait des éléments fondamentaux des jeux de rôles old school. Puis de fil en aiguille, la licence a eu droit à son propre jeu de plateau post apocalyptique avec figurines. C’est la communauté geek qui doit être heureuse de ce fan service. La boucle est bouclée.

 

Le vase-clos des JDR Metro 2033 et STALKER

Le vase-clos, c’est pas un huis-clos. Sachez-le ! C’est quoi un vase-clos exactement ? Un peu comme un huis-clos mais sans les murs. Plus sérieusement, là où le huis-clos situe l’action dans un lieu fermé (qui peut s’étendre à un bâtiment tout entier), le vase-clos va agrandir la zone de jeu mais en conservant cette limite physique que les personnages ne peuvent ou ne veulent franchir. Le JDR Metro 2033 va forcément suivre le même schéma que les livres éponymes : les communautés de survivants se sont réfugiés dans le métro de Moscou et considèrent la surface comme invivable. Rendant de ce fait les stations et les voies souterraines comme le seul endroit où ils peuvent circuler. Le métro devient le vase-clos. Comme pour Vermine, des informations tantôt un peu vraies, tantôt erronées font état qu’il est possible d’aller à la surface, normalement victime d’un hiver sans fin. Et d’autres faits annoncent que des créatures envahissent les tunnels du métro, expliquant ainsi des disparitions tragiques et des corps retrouvés lacérés. Un bon départ pour un scénario jdr post-apocalyptique et une narration axée sur l’effondrement, Metro va faire partie de ces jeux de rôle où le gameplay peut avoir un impact sur son environnement. Encore faut-il que le meneur sache l’exploiter via l’improvisation, entre autres.

STALKER prend la même direction sauf que l’on joue principalement à la surface. Ce qui à l’origine était une métaphore de la catastrophe de Tchernobyl s’inspire en fait d’une allégorie cinglante de la société des pays d’Europe de l’Est gardant des séquelles d’un gouvernement russe désuet. Pour aller plus loin, je vous recommande la série TV “Chernobyl”. Le JDR Stalker prend ses racines dans le livre “Pique-nique au bord du Chemin” mais aussi dans son adaptation cinématographique du même nom “Stalker”. D’ailleurs, en parlant de nom, les protagonistes ont souvent des surnoms parfaits pour une apocalypse ! Le JDR post-apo Stalker va prendre le parti du livre en expliquant que plusieurs météorites ont pénétré l’atmosphère terrestre et créé des Zones autour de leur point d’impact. Ces secteurs deviennent alors interdit au public et fuit des habitants. Mais des individus de tous horizons s’aventurent tout de même dans ces Zones pour y récupérer des artefacts précieux qui peuvent rapporter gros. Les zones deviennent alors les aires de jeu pour le JDR post-apo qu’il est. L’environnement des joueurs est une parcelle quadrillée et surveillée aux frontières mais qui, à l’intérieur, est comme une arène où des factions se font la guerre pour récupérer le plus d’artefacts. Il n’y a plus de loi en leur sein car les gouvernements sont incapables de les sécuriser de l’intérieur. Le vase-clos va donc s’étendre sur une trentaine de kilomètres carrés et c’est amplement suffisant pour y développer un microsystème post-apocalyptique original. J’aurais aimé pouvoir faire la comparaison visuelle avec un certain film désormais oublié de tous : Doomsday. Sauf qu’il ne vole pas haut… Mais le concept de vase-clos à la Stalker y est pourtant bien illustré.

 

zombie post apocalyptique jdr metro 2033

Les oubliés du JDR post-apo : les zombies

Le jeu de rôles post-apo, même s’il est de niche dans une niche, a comme tout genre ses stars. Et bien que l’invasion de zombies – ou morts-vivants – soit un événement déclencheur aussi valable qu’un autre, il est à noter que celui-ci en particulier a bénéficier d’une énorme exploitation dans d’autres médias. The Walking Dead, Night of the Living Dead, Black Summer (on a déjà parlé de cette série zombie post-apocalyptique), Z-Nation, Dead Set, 28 Jours plus Tard, Days Gone, Left 4 Dead, Je suis une Légende, Back 4 Blood, World War Z, Army of the Dead, etc. La liste est très longue : la pandémie est source d’inspiration. Pourtant, le JDR post-apo zombie n’est pas aussi florissant que ses cousins éloignes de la série TV ou de la littérature. Et même moi qui commence à bien rouler ma bosse en jeu de rôles, je ne peux pas citer énormément de jeu dans un contexte zombie ; hormis Zombies, Infected et Z Corps, j’avoue que je sèche sur l’instant ! Et je suis à la fois triste de constater qu’en dehors du JDR, les zombies ont une côte de malade qui a clairement dépassé la limite de l’insupportable pour certains. On est sur une tendance de l’overdose car, sans se voiler la face, les univers zombies se ressemblent beaucoup. Hormis Black Summer en 2020, Dead Set en 2008 et Shaun of the Dead en 2004, on n’a clairement rien eu de très original entre temps si ce n’est des clones avariés du top zombie ! Je suis à la fois content de ne pouvoir citer que quelques exemples de JDR post-apo zombie car du coup, on a à disposition des jeux qualitatifs. Mais clairement, aucun des trois jeux cités ne prend de gros risques en terme de mécaniques. Et c’est dommage. Un peu à l’image d’une série The Walking Dead qui veut prendre une toute autre direction du comics mais en se cassant la gueule en oubliant les zombies. Bref, il aurait été intéressant d’exploiter plus en profondeur cette dimension de vague et de horde en JDR. Pourquoi ne pas avoir cherché à faire en sorte que les personnages soient en mesure de tuer plusieurs zombies en même temps, tel un Z-Nation ou un Dying Light. En parlant de Dying Light, le 2 va sortir fin 2021 et il faudrait absolument qu’il ait une version papier. Allez voir un trailer et vous constaterez qu’un certain Mark Morgan a bossé sur le scénario (le même qui a bossé sur le premier Fallout en jeu vidéo). Il nous faut un JDR Dying Light. IL LE FAUT. Il serait un excellent moteur de scénario jeu de rôle post apocalyptique !

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