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Black Summer et son approche communautaire en JDR

Après une saison 1 audacieuse, minimaliste et complètement rafraîchissante puis une fin de saison 2 particulièrement dure ; la série Netflix Black Summer 🧟 s’est terminé avec encore plus de questions et d’ouvertures qu’à son tout début. Mais on sent que c’est tout à fait réalisable d’y répondre et d’explorer la suite dans une saison 3 qui se fait attendre. Etant donné la qualité apportée à la manière de filmer (sous forme de nombreux plans séquences) et à cette impression d’avoir des personnages “jetables” (un peu à la Game of Thrones, mais à mon avis plus brutale encore), Black Summer saison 3 surpasse peu à peu et sans difficulté des séries comme The Walking Dead.

La survie face au zombie est finalement représentée sous forme de fuite plutôt que de confrontation. Les personnages ont peur, constamment et le montrent en prenant des décisions majoritairement égoïstes où l’entraide n’a d’intérêt que dans les moments les plus tendus. Une fois le danger écarté, ce n’est plus le fléau du zombie infecté qui monopolise l’attention mais les rares survivants qui sont dans les parages. Devenant pire qu’un mort-vivant de par leur nature humaine à profiter d’une situation, abuser d’un contexte, voler ce qui semble essentiel, tuer plutôt que de risquer de se faire tuer. Explorer le parallèle possible de Black Summer en JDR post-apo zombie va permettre d’analyser comment générer une communauté de personnages et d’observer leurs priorités de manière assez réaliste.

Mon avis sur Black Summer est tout à fait relatif. Vous êtes libres d’être en désaccord.
Quelques spoilers risquent de traîner par-ci, par-là. Vous êtes prévenus ! 🧟‍♀️

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Black Summer et ses saisons 1 et 2, mon avis

J’ai rarement eu l’occasion de voir un changement brutal de comportement retranscrit sur un écran. Jouer la comédie est un métier mais comprendre la psychologie derrière un comportement, c’est un niveau encore au-dessus. Les personnages de la mère et sa fille, Rose et Anna, sont les meilleurs exemples d’adaptation de survivantes dans un contexte apocalyptique. Comme dit plus haut, les survivants ont parfois beaucoup plus d’intérêt et facilité à tuer leurs semblables pour obtenir ce qu’ils souhaitent : du matériel, des provisions et éviter tout risque. Et déjà à la fin de la saison 1, on est témoin de la transformation de Rose qui devient petit à petit une antithèse de la civilisation pour avoir une chance de voir le jour se lever, mais aussi de retrouver sa fille Anna. En clair, elle prend l’initiative d’être la menace plutôt que d’en être l’esclave et la victime. De femme aimante, mère dévouée, Rose vire dans un schéma de prédatrice dangereuse dont la peur et l’angoisse la font basculer du côté de celles qui survivent. Elle perd en humanité et va même jusqu’à considérer tout individu masculin comme indigne de confiance. Enfin pas tout à fait tous, car il y a Spears, l’un des premiers individus qu’elle rencontre juste après l’invasion des infectés. Sous les traits d’un militaire, Rose y voit inconsciemment l’assurance d’une protection évidente de sa part. Concrètement, Spears et sa fille vont finalement être les seuls ersatz de l’humanité de Rose. Et c’est ça qui est vachement intéressant car si ce contexte avait à arriver, c’est en effet vers les premières personnes à tendre la main que l’on jetterait son dévolu. Et par déclinaison, les prémices des piliers d’une future communauté micro sociétale fermée à tout étranger.

Saison 1 : la survie face à la menace zombie

Autant dans la saison 1 de Black Summer, on observe plus qu’on ne s’attache. Puis on constate que le chaos et l’horreur sont proéminents. Les protagonistes cherchent à atteindre un secteur précis, symbole de leur dernière chance de retrouver un minimum de sécurité auprès d’un gouvernement dépassé. C’est en gardant cet objectif en tête que leurs actions sont consacrées à toujours avancer. Un stade est indiqué comme le dernier lieu où l’armée récupère des rescapés dans la zone. C’est à ça que s’attache Rose, Spears et Sun dans la saison 1. La survie est à leurs yeux temporaire et ils cherchent la sécurité de l’armée qui s’occuperait alors de leur sécurité.

Saison 2 : communautarisme et ouverture vers saison 3

A l’inverse, dans la saison 2, nous retrouvons certains mêmes personnages dans un contexte très différent. Plusieurs mois se sont écoulés l’objectif du stade n’était finalement qu’une illusion. Rose a retrouvé sa fille Anna, qui va devenir un personnage très intéressant pour cette saison. Car c’est une enfant qui a désormais grandi et qui peut tenir une arme. Désormais les survivants fonctionnent en groupuscules. Là où la saison 1 explorait la survie presque en solitaire, cette saison 2 va illustrer des groupes de survivants qui s’affrontent pour des réserves de nourriture mais aussi pour obtenir des informations sur un mystérieux avion qui passe au-dessus de leurs têtes assez fréquemment. Anna, la fille, grandit avec l’exemple survivaliste de sa mère qui, bien que plus posée et réfléchie, dégage une personnalité encore plus incisive et dangereuse. N’hésitant pas à tuer sans sommation tout ce qui s’approche, humain comme zombie. Anna forge sa propre vision de ce qui reste de ce monde et doit s’adapter en conséquence. C’est l’exemple même de ce que pourrait être nos enfants dans un contexte où il n’y aurait plus de civilisation. Elle sait se servir d’une arme et manifeste peu d’empathie envers des individus à tuer de sang froid. Seuls les membres de son groupe bénéficie d’une meilleure attention, jusqu’à accepter la dernière volonté de Spears, figure paternelle malgré lui.
Au final, cette saison 2 se termine non pas avec un cliffhanger mais avec des groupes explosés socialement parlant mais aussi destructurés par des mutineries. Nous terminons ainsi Black Summer saison 2 avec les restes de trois groupuscules aux ambitions différentes qui risquent de former un tout nouveau genre de groupe pour la saison 3.

 

Black Summer saison 3 : les pistes

Où va réellement Sun après avoir pris l’avion ?
La Coréenne est la seule à prendre l’avion et sa destination reste obscure. Bien que le pilote semble bienveillant envers elle, nous n’avons aucune info quant à son terminus. Un autre groupe mieux organisé, plus grand, plus proche des valeurs humaines ? Ou les restes d’une armée démunie et qui penche vers l’autoritarisme ?

Que va devenir Rose ?
Après la déflagration, Rose est projetée au sol en piteux état. Mais vivante ! Le retour d’Anna va lui donner une chance de survivre encore un peu plus. Mais elle aura besoin de soins et de médicaments, peut-être ?

Le retour en arrière d’Anna.
La fille de Rose refuse finalement de prendre l’avion. Sans doute parce qu’elle ne voulait pas abandonner sa mère qui s’était sacrifiée pour qu’elle puisse s’enfuir. Anna réussit à démarrer un véhicule et récupérait sa mère en sale état. Le fait d’avoir une voiture indique que les deux femmes sont en sécurité pour le moment.

L’état critique de Ray.
Le leader de la faction de paramilitaires a subi de gros dégâts suite à la déflagration. Et ses hommes se sont retournés contre lui. Tout porte à croire que Anna et Rose envisageraient de le prendre avec elles dans le véhicule. Ce serait alors intéressant de savoir comment il va interpréter ce geste alors que juste avant de tomber, Ray avait fait tout un monologue sur la bestialité et l’égoïsme des humains en toute circonstance.

La frénésie de Mance.
Ce grand gaillard réussit à attirer l’attention de nombreux zombies pour aider Anna. Après une poursuite musclée, Mance met hors d’état tous les infectés (une scène géniale). Il est désormais le seul membre de son groupe encore en vie. Il y a fort à parier qu’il va rejoindre le véhicule avec Anna, Rose et Ray.

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Une vision de la survie dans le jeu de rôles post-apo

Tuer ou être tué est l’expression qui collerait plutôt bien à l’ambiance glaçante de Black Summer. Retranscrire cet état d’âme en JDR est complexe. Pour être honnête, Black Summer m’a beaucoup fait penser à un vieux film. Un faux documentaire BBC sur les conséquences d’une guerre nucléaire : Threads. Un dystopie cinématographique criante de vérité qui m’a permis de constater la déchéance et l’horreur de l’humanité telle qu’on la connaît de nos jours. Pour survivre, les humains deviennent des spectres de leur humanité, en proie à des traumatismes de survie qui peu à peu, les transforment en des bêtes incapables de communiquer. Et c’est à mes yeux, ce qui se passe progressivement dans Black Summer avec Anna et Rose.

Quoi qu’il en soit, le communautarisme de la saison 2 m’a donné pas mal de matières pour étoffer le système de communautés du JDR Vermine 2047. Avec cette crainte de rencontrer des individus qui chercheront une opportunité pour X raison. Mais qui risquent de vous tuer pour en avoir davantage. Savoir que l’on est humain rend l’individu alors conscient des horreurs que les autres sont capables de lui infliger, juste pour une bouteille d’eau. Cannibalisme, esclavagisme, torture… de nombreux mots appellent à la violence et ils sont autant de reflets d’une société en proie elle-même aux tares de ce qui fait de nous des humains. Ainsi, être humain, c’est être tout aussi bien capable de tuer pour le plaisir comme d’aimer un enfant qui n’est pas le sien.

Black Summer met en lumière également qu’un objectif, aussi petit soit-il, peut se transformer en une promesse de jours meilleurs, un reflet d’une rédemption ou encore une étape avant un autre objectif plus conséquent. C’est ce qui maintient en vie les rares survivants de la série ; la saison 1 avec le rendez-vous militaire au stade et la saison 2 avec l’avion synonyme de liberté. Qui plus est, on est loin d’un Walking Dead ou d’un Z Nation où le zombie devient peu à peu un divertissement, un prétexte de seconde zone pour justifier un univers basé sur l’invasion d’infectés. Dans Black Summer, un infecté court et vous poursuit sans ressentir la fatigue. Il est une menace réelle et peut vite générer des semblables en ne blessant qu’une personne. Le zombie est à fuir, c’est la plus grande probabilité d’y tenir tête. Car les protagonistes ne sont pas tous des chasseurs ou des militaires capables de manipuler une arme à feu. Tirer demande de la précision et de la concentration, choses qui sont clairement difficiles à acquérir dans des moments de panique.

 

La série Black Summer est en streaming sur Netflix.

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